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Berlin: de l'ouest à l'est

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Berlin: de l'ouest à l'est ........ photographies: Hannelore Fobo

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Horloge mondiale - Alexanderplatz





Horloge mondiale - Alexanderplatz



Au moment où cette rencontre a eu lieu, Pauline Leger, étudiante en management du tourisme, rédigeait un mémoire de Master sur l’offre touristique à Berlin en relation avec l’«Ostalgie» (la nostalgie de l’est). Dans le cadre de ses recherches, elle a mené une longue interview avec Hannelore Fobo. Ci-dessous :
les grands traits de cet entretien.


Berlin: de l'ouest à l'est       Entretien avec Hannelore Fobo, guide-interprète polyglotte, grand connaisseur de Berlin, de son histoire, de sa vie culturelle et artistique

   Depuis combien de temps êtes-vous guide ?

Coupole du Reichstag

Coupole du Reichstag
J’ai commencé mes activités de guide en 1986, d’abord pour l’Informationszentrum à Berlin après avoir passé un examen qui me permettait d’effectuer des visites pour ce centre d’information qui était à l’époque celui de Berlin-Ouest. Il y avait également un office de tourisme mais d’importance moindre pour les guides car le principal type de tourisme organisé qui existait à ce moment-là était le tourisme politique pour les jeunes. L’informationszentrum était donc rattaché au Senat berlinois. Les guides - très souvent des étudiants - travaillaient alors à titre indépendant. Il était normal à l’époque de travailler en tant que guide parallèlement à ses  études. Le métier de guide, en tant que tel, n’existait pas vraiment. Au reste, à l’heure qu’il est, je ne me consacre pas uniquement à mes activités de guide, j’ai d’autres centres d’intérêts auxquels je m’adonne avec passion. Comme je travaille à titre indépendant, j’ai le loisir de m’organiser à ma guise.

    Quelle était la mission de l’Informationszentrum à Berlin ?

Sa mission était de donner des informations sur la situation de la ville divisée. Il fallait veiller à respecter certaines règles. Par exemple, lorsque nous passions devant le conseil de sécurité allié, il ne fallait pas dire «les puissances d’occupation», quand on parlait des forces américaines, britanniques ou françaises, mais plutôt «les puissances de protection».

   Quel public effectuait des visites via l’Informationszentrum à Berlin ?

Il s’agissait principalement de groupes scolaires. Le tourisme à Berlin-Ouest, en termes de chiffre d’affaires, n’était pas comparable à celui d’aujourd’hui. C’était un tout autre monde, beaucoup plus transparent.

Il y avait aussi des étrangers, et j’ai travaillé de plus en plus fréquemment avec des groupes internationaux.

   Que visitait le public à Berlin-Ouest ?

Kulturforum - Forum de Culture, Gemäldegalerie  Berlin - Galerie de Peintures

Kulturforum - Forum de Culture
Gemäldegalerie Berlin -
Galerie de Peintures
Les visites duraient 3h30. La visite typique commençait à la gare du Zoologischer Garten. On allait à Schöneberg à la Hauptstrasse (Rue principale) où se trouvait le conseil de sécurité allié. On se rendait ensuite à Kreuzberg. C’était l’époque des immeubles occupés par les jeunes, pour raisons politiques. Les guides expliquaient aux touristes la situation sociale du quartier, la situation des immigrés et celle des étudiants. À Berlin-Ouest, le montant des loyers des vieux immeubles, souvent sans installation sanitaire ni chauffage central,  était dérisoire car il existait une loi qui limitait les hausses de loyers de ce genre d’immeubles. Par conséquent, les appartements étaient en mauvais état, il était  difficile d’y accéder en tant que locataire et, souvent, ils étaient condamnés à la démolition. On évoquait donc les aspects politiques de la vie quotidienne. On se rendait à Charlottenburg pour continuer ensuite au nord de Berlin dans les nouveaux quartiers « Märkisches Viertel », construits dans les années soixante-dix.

Donc, en somme, le but des visites de Berlin-Ouest était d’expliquer les transformations sociales dues à la guerre et à la division de la ville. On parlait également des problèmes d’urbanisme causés par la construction du mur, de nombreuses artères ayant été coupées. Le thème central était l’histoire du vingtième siècle, on ne parlait pas de la Prusse. Le mémorial de Plötzensee, lieu d’exécution des prisonniers politiques du régime national-socialiste, était toujours inclus dans ces visites. Et comme on disposait de beaucoup de temps, on emmenait les groupes au stade olympique, pour emprunter ensuite le chemin du Havel et aboutir presque jusqu’au Wannsee. L’objectif était de montrer que malgré le mur, il était possible de se retrouver dans la nature.

  Le public visitait-il Berlin-Est ?

La RDA ne tolérait pas de visites guidées officielles conduites par des guides de l’ouest. Si un groupe, généralement des étrangers, voulait visiter Berlin-Est, il allait au Checkpoint Charlie. C’était à ce poste frontière que les étrangers devaient passer.  Les touristes étaient alors contrôlés et ensuite un guide de l’est les rejoignait dans le car et prenait en main la visite qui était plus ou moins contrôlée. Les guides de l’est devaient tenir un discours officiel sans jamais parler du mur ni prononcer Berlin est. Ils devaient par contre évoquer l’effort de reconstruction entrepris par le régime. 

Ils emmenaient toujours les touristes au Treptower Park car il y avait un café dans lequel on payait avec de la monnaie de l’Ouest. Enfin, dans les années quatre-vingt, c’était un tourisme strictement divisé. Comme je connaissais bien le côté est de la ville j’emmenais de temps en temps des petits groupes à l’est, mais c’étaient des visites à caractère privé.

  Comment se sont déroulées les visites de Berlin après la réunification ?

station de métro Alexanderplatz

station de métro
Alexanderplatz
En 1989, une association de guides s’est formée pour la première fois, d’abord à l’ouest puis avec les collègues de l’est. A cette époque, il y avait environ un million et demi de nuitées à Berlin-Ouest, et certainement moins à Berlin-Est. Il y avait relativement peu d’hôtels.Les collègues de l’est devaient s’informer sur l’histoire de Berlin-Ouest et vice-versa. Il a fallu apprendre très rapidement l’essentiel. Certains collègues ont continué les anciens itinéraires à Berlin-Ouest et les clients se sont plaints. Ce n’était plus possible d’omettre Unter den Linden et Gendarmenmarkt. On a commencé à aller à Potsdam. L’histoire de la Prusse a pris de l’importance dans les visites.

  Les thèmes de visite varient-ils selon la nationalité des touristes ?

 Plus les touristes viennent de loin et plus ils s’intéressent en priorité à la seconde guerre mondiale. Le national-socialisme joue toujours un très grand rôle dans les visites, en particulier lorsque j’accompagne des groupes d’Américains.

Fernsehturm de Berlin, La Tour de télévision


Fernsehturm de Berlin
La Tour de télévision

Ensuite, les touristes s’intéressent également à la division de l’Allemagne. La question qui revient toujours est la suivante : « est-ce qu’il y a encore des différences entre les Allemands de l’est et les Allemands de l’ouest ? ». Les Français, les Italiens, les Espagnols me disent qu’ils ont vu le film La vie des autres. Ils sont très intéressés par les histoires personnelles. Je leur raconte donc comment on vivait lors de la division de l’Allemagne. Les touristes aiment avoir des détails. Il ne faut pas que ce soit trop général. Je leur relate quelques anecdotes, ce que j’ai vécu personnellement lors de mes nombreuses visites à l’est chez mes oncles et cousines.

Quand j’ai des groupes de touristes russes, je suis prudente lorsque j’aborde le communisme, puisqu’il a été instauré à l’est par la Russie de l’époque soviétique à la suite d’une guerre provoquée par l’Allemagne. La critique du communisme pourrait donc être perçue comme une justification de la politique allemande nazi. Evidemment, ce n’est pas mon but. Mais il y a des personnes très informées. Plus ils s’y connaissent, plus c’est intéressant pour moi. Certains me disent qu’ils sont nés en RDA car leurs parents y étaient basés. À l’époque de la division, la RDA était pour les Russes «leur» Allemagne. Il y avait «leur» Allemagne et l’autre Allemagne capitaliste. 

 

   Quelle est la place aujourd’hui de l’histoire de la RDA dans les visites de Berlin ?

Il est très difficile de mener une visite de la ville par époque. Beaucoup de lieux rappellent à la fois le national-socialisme et le communisme. Il y avait par exemple un camp nazi au nord de Berlin, devenu un camp d’internement en RDA après la seconde guerre mondiale et ce, jusqu’en1950. Quand nous visitons ce qui reste du mur, près du Checkpoint Charlie, nous nous retrouvons sur un lieu surnommé «La Topographie de la Terreur », puisque c’est là que le régime nazi avait ses installations les plus redoutables pour persécuter ceux qu’il qualifiait d’«ennemis du peuple ». Il faut noter au passage que le centre de Berlin-Est correspondait en fait au cœur de la vielle ville avec ses prestigieux monuments historiques.

Oranienburger Strasse

Oranienburger Strasse

Il est donc difficile de faire une visite entièrement consacrée au thème de la RDA. Par ailleurs, je pense que pour comprendre l’histoire de l’Allemagne de l’est, il faut pouvoir communiquer un minimum de connaissances sur l’histoire du vingtième siècle et peut-être même du 19ème. Ce qui n’est guère possible dans le cadre d’une visite touristique de quelques heures; néanmoins, cela me tient à cœur.  Autrement la présentation des faits se réduirait à  une énumération de clichés.

photographies de Berlin:
© Hannelore Fobo 1998



 



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